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Presse à la dérive: l’aide d’urgence est… remise à plus tard

Le conseil fédéral remet le dossier de l’aide à la presse au parlement alors que les médias suisses recourent de plus en plus au chômage partiel, aux licenciements, à la baisse de pagination ou à l’interruption de certaines éditions.

Alors que la crise du Coronavirus conduit au chômage partiel et des licenciements dans les médias suisses, le Conseil fédéral a renoncé mercredi à recourir à une aide d’urgence pour les médias. La nouvelle de cette non décision a été annoncée dans Le Temps .

Selon Michel Guillaume, auteur de l’article, la présidente de la Confédération et cheffe du Département fédéral de l’environnement, des transports et de l’énergie (DETEC), Simonetta Sommaruga, avait ficelé un paquet d’aide de 80 millions. Mais il n’a pas obtenu le soutien du conseil fédéral qui a remis la balle dans le camp du parlement. Ce dernier débattra l’aide à la presse dans une séance s’inscrivant dans un processus lent entamé bien avant la crise. La session traitant du sujet se tiendra, en principe, en mai. Le paquet de 80 millions comprend des mesures à hauteur de 50 millions en faveur des médias en ligne et de 30 millions injectée dans le soutien à la distribution postale des journaux. 

Ce montant déjà évoqué avant la crise du Covid-19 ne permettra à l’évidence pas aux médias de traverser cette crise sans dégâts majeurs, voire des disparitions des titres les plus affaiblis. 

Le Temps fait aussi état d’un sondage réalisé par Médias suisses, association représentant les éditeurs, estimant que 60% de la vingtaine de titres ayant répondu au questionnaire accusent une baisse de 50% des revenus publicitaires. Aucun doute, que depuis la réalisation du sondage à fin mars, la situation s’est encore dégradée. La baisse dépasse aujourd’hui 80%  selon les estimations de certains petits titres. dans certains titres. Tous ceux qui ont été sondés annonçaient par ailleurs avoir recouru au chômage partiel ou envisager de le faire. 

Une tendance large, amorcée par TX Group (Tamedia), le plus important groupe de presse suisse qui fut aussi le premier à baisser le temps de travail de 20% pour l’ensemble de ses collaborateurs.  Hier c’est le groupe Saint-Paul qui décidait de diminuer le temps de travail dès le 20 avril dans ses deux titres, La Liberté et le La Gruyère. De plus petits journaux vaudois et jurassiens, comme La Région Nord Vaudois ou Le Quotidien Jurassien) ont dû licencier ou/et renoncer à une partie de leurs éditions. Les gratuits complètement dépendant de la publicité sont frappés encore plus durement. 20 Minutes (TX Group) a annoncé, il y a dix jours avoir perdu la moitié de son lectorat en raison du confinement, une évaluation qui paraît optimiste ramenée à la situation actuelle.  Cette semaine c’est SSR qui prenait des mesures de réduction d’horaires pour quelque 600 collaborateurs.

Paradoxe frappant: Les audiences de la presse comme des télévisions publiques se sont envolées sur internet. Elles ont parfois plus que doublé pour certains médias. La même question revient en boucle: peut-on laisser s’affaiblir, ou disparaître, des médias qui démontrent depuis le début de la crise leur absolue nécessité? Et si la réponse est non, qui doit doit/peut les financer? 

P.R.

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