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Le contenu du plan d’urgence pour la presse et ce qui l’a fait capoter

Die Wochenzeitung, média basé à Zurich, publie sur son site web les détails du plan d’urgence avorté en faveur de la presse. La présidente de la Confédération Simonetta a  en effet soumis mercredi dernier des mesures pour soutenir la presse brutalement touchée par la crise sanitaire et la chute drastique de la publicité qui l’accompagne. Une majorité du conseil fédéral, lors de sa réunion de mercredi, a cependant refusé d’avaliser le plan prévoyant un soutien de 78 millions de francs comme l’annonçait aussi Le Temps dans ses éditions de jeudi. 

La Wochenzeitung précise comment devait être ventilée cette aide et analyse les raisons du refus, selon des sources non identifiées. 

Les quotidiens et les journaux du dimanche auraient été les premiers bénéficiaires de cette aide. La Confédération aurait dépensé 37 millions pour couvrir les frais de distribution postale et de livraison avancée des journaux print pendant trois mois. Les radios locales privées auraient obtenu 13,2 millions. Les radio non commerciales auraient obtenu 133’000 francs chacune tandis que les télévisions locales et régionales se seraient partagés un soutien de 10,8 millions de francs, explique la Wochenzeitung sa basant sur un document officiel. Enfin l’agence de presse Keystone-ATS aurait obtenu une garantie de liquidité à hauteur de 10 millions de francs.  

Une “large majorité” du conseil fédéral se serait opposée à cette proposition de la présidente de la Confédération, affirme encore le média zurichois. Les raisons? Le conseil fédéral ne souhaitait pas prendre des mesures spécifiques par branche et estimait que les médias, à l’instar des autres secteurs de l’économie, pouvaient bénéficier de l’ensemble des mesures d’aide face au Covid-19 mises en place par les autorités. Autre motif selon la WoZ: des conseillers fédéraux auraient été irrités du fait que que le président de TX Group Pietro Supino ait refusé de renoncer à la distribution des dividendes de 37,1 millions lors de l’Assemblée générale de la semaine dernière, comme l’avait d’ailleurs réclamé expressément les syndicats de la branche médias. TX Group (anciennement Tamedia) a précisé qu’il renoncerait à la distribution de dividendes mais pour l’année en cours, soit 2020, et non pas pour les résultats de 2019. 

Cette décision et le fait qu’en parallèle le groupe zurichois fut le premier à recourir au chômage partiel et donc à l’aide de l’Etat, aurait contribué à contrarier le conseil fédéral et à le faire renoncer à l’aide d’urgence, affirme la WoZ. Peter Wanner, éditeur de AZ Medien (notamment propriétaire de la Aargauer Zeitung) et CH Media, s’est dissocié de la politique des deux autres groupes de presse en mettant en réserve les le montant prévu pour les dividendes. 

Les informations de la WochenZeitung corrobore par ailleurs des annonces faites en Suisse romande indiquant que les petits titres indépendants sont les plus vulnérables et directement menacés dans leur existence suite à la chute massive de la publicité.  

P.R. Club suisse de la presse

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