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Elle et ils ont dit, du débat “Covid-19: faut-il libéraliser les brevets des vaccins?”

Elle et ils ont dit, du débat “Covid-19: faut-il libéraliser les brevets des vaccins?”

Elle et ils ont dit, du débat “Covid-19: faut-il libéraliser les brevets des vaccins?”

Par Luisa Ballin

Covax, le système permettant d’alimenter en vaccins les pays les plus démunis dans la lutte contre la pandémie de Covid n’a pas fonctionné. Pourquoi ? Par ailleurs, la récente décision du président des Etats-Unis Joe Biden de suspendre les brevets de vaccins a secoué les pharmas. Un bras de fer s’est engagé.

Si la Commission européenne s’est dite “prête à discuter” et que Paris a levé son opposition, la Suisse, l’Allemagne et surtout les pharmas restent opposées à une levée de la propriété intellectuelle. Selon elles, une suspension des brevets ne permettra pas de vacciner le monde plus rapidement et pose des risques, notamment en termes de qualité de vaccins et d’investissements futurs. Quatre éminents spécialistes ont débattu de ces questions dans le débat en ligne organisé par le Club Suisse de la presse, animé par son directeur Pierre Ruetschi.

« Il faut donner accès non seulement aux brevets mais aussi donner accès au savoir-faire ».

Mme Marie-Paule Kieny, virologue, directrice de recherche à l’Inserm, ancienne directrice de recherche à l’OMS

« Les bons accords sont les accords volontaires. Si l’on veut aider les pays du Sud à installer une fabrication de vaccins chez eux, qui soient utiles pour la pandémie et bien au-delà, et pour qu’ils aient une souveraineté nationale à produire des vaccins qu’ils jugeraient stratégiques, la meilleure façon est de le faire sur la base d’un accord volontaire dans lequel le Medecines Paten Pool peut être un intermédiaire. Ces accords sont meilleurs s’ils sont bilatéraux et avec plusieurs récipients de technologie plutôt que si on le fait uniquement en bilatéral, un à un »

« Le changement de position des Etats-Unis par rapport à la libéralisation des brevets concernant le Covid-19 a changé la donne, indubitablement ».

M. Didier Chambovey, Ambassadeur de Suisse auprès de l’OMC et de l’AELE

« Nous attendons de plus amples précisions des Etats-Unis, notamment sur la question de la dérogation aux droits de propriété intellectuelle dans le domaine des vaccins. À l’OMC, une proposition a été faite pour que l’on déroge à ces droits et qu’on lève les brevets, de la part de l’Afrique du Sud et de l’Inde. Les Etats-Unis n’ont pas dit qu’ils appuyaient toutes les propositions formulées par l’Inde et l’Afrique du Sud, notamment concernant la portée de l’exception, les produits qui sont couverts et la durée de l’exception ».

« Le partenariat sur la base du volontariat est fondamental. Et il faut aussi imaginer des modèles économiques différents ».

M. Didier Pittet, professeur, et chef du service de prévention et de contrôle de l’infection aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG)

« À situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle ! Dans les financements mis sur la table pour avoir été capable de produire des vaccins en une année, beaucoup d’argent a aussi été mis par la communauté européenne dans un geste de solidarité et de mobilisation exceptionnelle. En particulier par certains chefs d’Etat, dont Emmanuel Macron, sur l’importance de ce geste solidaire ».

« Au début, il y a eu une vision idéaliste : Covax servait le monde. Puis il y a eu une erreur de jugement : Covax n’a pas voulu gaspiller de l’agent sur des vaccins plus chers qui demandaient une logistique plus compliquée. Ils ont probablement attendu trop longtemps ».

M. Thomas Cueni, Président de IFPMA

« La seule réponse pour faire face à cette inégalité inacceptable est la solidarité des pays riches et les gestes de partager les doses, comme le président Biden l’a annoncé hier soir. À court terme, c’est la seule solution ».

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