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Première Veggie Pride internationale

Première Veggie Pride internationale

Le 7 mai 2013, le Club suisse de la presse a reçu David Olivier, fondateur de la Veggie Pride, Jérôme Dumarty, organisateur de la Veggie Pride internationale, François Jaquet, doctorant en philosophie, Lionel Testaz, organisateur de la Veggie Pride internationale, Anou Sarukhanyan, juriste, Marie Dulout, praticienne en soins ayurvédiques pour une présentation de :

La première Veggie Pride internationale

Alors que d’ordinaire on entend les végétariens appeler à la fin de l’abattage des animaux et dénoncer les effets nocifs pour l’environnement de la consommation de viande, les organisateurs de la Première Veggie Pride internationale appellent eux, avant tout, au respect des droits des végétariens et végétaliens.

Lors de leur manifestation, le 18 mai prochain sur la Place des Nations, à Genève, une lettre et une pétition de « la communauté végétarienne » dans ce sens seront d’ailleurs remises au Haut Commissariat des droits de l’homme des Nations Unies.

« La plupart des végétariens rasent les murs, a déclaré David Olivier, et lorsqu’ils se présentent comme tels, ils rencontrent la végéphobie (terme créé par la Veggie Pride), selon lui, discrimination au même titre que « l’homophobie, la misogynie ou la ségrégation raciale vis-à-vis des Noirs aux Etats-Unis par le passé« , puisqu’il s’agit de la « négation de l’existence » des millions de végétariens et végétaliens dans le monde.

La souffrance animale, celle des animaux de boucherie, de leur naissance à leur abattage, des volailles ou des poissons a aussi été amplement évoquée. Selon Jérôme Dumarty, ce sont les poissons qui représentent la grande majorité des animaux tués. On considère que 1000 milliards de poissons sont pêchés chaque année dans les océans, a-t-il précisé, et certains avancent même le chiffre de 3000 milliards, sans prendre en compte la pêche fantôme – les nasses, filets abandonnés dans les océans, qui continuent de pêcher en masse pour rien« . A cause des méthodes de pêche industrielle, du matériel sophistiqué de repérage des bancs de poissons, subventionnés par les Etats, « on assiste à un épuisement massif des océans. » Pourtant, on ne parle jamais des poissons, a-t-il déploré, « alors que depuis 2000, on sait que ce sont des êtres sensibles au même titre que les chiens et les chats, et que contrairement aux idées reçues, ils ont une mémoire à long terme. Ce sont donc des êtres moraux comme les autres animaux.« 

La morale vis-à-vis des animaux est au coeur de la thèse que rédige François Jaquet, « La philosophie de la libération animale« . « Les philosophes qui se sont intéressés à la philosophie animale partent du constat que les traitements acceptés pour les animaux seraient jugés intolérables pour les humains« , a-t-il expliqué. « Elever des animaux pour les manger paraît conforme à la morale mais élever des humains pour les manger choquerait. Existe-t-il alors une différence entre eux qui justifie que l’on exploite les uns mais pas les autres ? Ces philosophes estiment que les différences souvent citées, comme la rationalité, la réciprocité, la possession d’un langage ne sont pas pertinentes: un nouveau-né ou un handicapé profond seraient moins rationnels qu’un chimpanzé ou un cochon adulte. Pourtant, les exploiter, les tuer, les manger serait inacceptable. » La seule différence qui puisse être retenue est que les animaux n’appartiennent pas à l’espèce humaine, laquelle ne justifie pas la différence de traitements. « Si la planète était envahie par des extra-terrestres et que ceux-ci décidaient de nous utiliser comme esclaves parce que nous ne faisons pas partie de leur espèce, nous le considérerions comme injuste. »

Pour Lionel Testaz, « comme l’ordre social veut que nous mangions de la chair animale, les végétariens et végétaliens subissent des moqueries dans leur entourage ou des discriminations au niveau institutionnel comme, par exemple, l’absence de menus végétariens dans les cantines. D’où leur « isolement et leur peur de s’affirmer comme tels. » Mais, selon lui, le dire ne revient pas à se poser en victimes: « Bien entendu que les animaux sont discriminés, mais les végétariens sont les porte-paroles des animaux, leurs représentants« . L’un des slogans de la Veggie Pride est d’ailleurs: « Nous sommes des animaux solidaires de tous les animaux. »

Irène Lichtenstein

 

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